La mère de 2015… Ou comment ne jamais se sentir à la hauteur!

Quand on regarde les émissions de télé, qu’on lit « Parents » ou qu’on écoute les copines, on est parfois submergée par un sentiment de ne jamais être à la hauteur. Enfin surtout moi.

Et je vous raconte même pas le regard des autres, de la famille, des amis, au parc…

Oui, Lapin mange parfois des frites, oui, elle boit des fois de la limonade coupée à l’eau, oui, elle joue dans la terre, oui, je la laisse ramasser des bâtons, oui, elle n’est pas tout le temps collé à moi, oui, je ne cours pas dès qu’elle tombe, oui, elle regarde les dessins animés, oui, elle mange parfois ses crottes de nez, oui, je lui parle comme à une adulte ou j’entre dans délire imaginaire, oui, je la gâte parfois un peu trop, oui, je râle, oui, parfois je ne dis rien.

J’essaie pour faire au mieux, pour qu’elle ne soit pas dépendante de moi. A deux ans, elle n’est pas en sucre, si elle tombe, je la laisse se relever et la plupart du temps, c’est sans un pleur.

Il arrive parfois que son repas se compose de chips, de frites et autres cochonneries. Tant pis, quand on est invité, il est très difficile de lui interdire pour lui proposer une bonne purée de carottes. Elle mangera des légumes demain.

Je ne « fabrique » pas tous ses repas. J’essaie d’équilibrer au mieux, mais tant pis si un soir c’est pas ça. Elle ne prend pas de bain tous les jours, sauf si elle a joué dehors. Le gant fait très bien l’affaire.

Et pourtant elle va très bien, elle est assez équilibrée et épanouie. Mais, je ne me sens pas à la hauteur. Pourquoi? Le regard des autres. « Je ne te donne pas de conseils mais… », « faut pas lui donner ça… », « attention elle va se faire mal » et je ne raconte même pas ce que je peux lire sur les écrans, la place de l’enfant et tout le tralala.

Pour éviter de passer mes journées et mes nuits à culpabiliser de ne pas être la mère idéale, je dédramatise « et alors? ». Je m’efforce de tout faire pour stimuler son autonomie et son imaginaire, c’est pour moi, le plus important. On joue, on parle, on regarde les dessins animés ensemble, on dessine des lapins, des princesses, on range le linge ensemble… Je la laisse s’exprimer.

Il existe une réelle pression, il faut donner du bio, il ne faut pas donner de l’Evian, il faut absolument que mon enfant connaisse l’alphabet avant tout le monde, il faut soit rentrer dans le moule, soit être rebelle et ne pas aimer les jeux de filles, il faut être propre, bien coiffée, au top de la mode, avoir les jouets et jeux tendances… J’ai l’impression que les mères font un concours avec leurs enfants, à celle qui aura l’enfant modèle par excellence.

Lapin joue avec des jeux vintages, des bâtons, des poupées, un établi, de la dinette, des peluches, du papier, des cartons, de la terre, des cailloux… Et moi, je prends 2h par semaine rien qu’à moi, je ne parle pas que d’elle, bref, je continue à vivre normalement. Mon salon, il y a des jouets, mais pas plus que ça.

En fait, j’ai le sentiment de pas être à la hauteur car je ne suis pas « esclave » de ma maternité. Pourtant, je ne suis pas égoïste pour autant, je ne fais pas passer ma carrière avant Lapin, ni moi-même. Mais je ne sens pas à la hauteur.

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